Diversifier ses ressources suppose de diversifier ses relations

Les modèles économiques de l’enseignement supérieur évoluent.

Aux financements traditionnels viennent s’ajouter ou prendre davantage de place l’apprentissage, la formation continue, les relations entreprises, les fondations, le mécénat ou les dons des diplômés.

Cette diversification ne relève pas uniquement de la finance. Elle transforme les relations que l’établissement entretient avec son environnement.

Une entreprise peut être recruteur, partenaire pédagogique, mécène, partenaire de recherche, accueillante d’alternants ou cliente de formation continue.

Un diplômé peut devenir ambassadeur, mentor, recruteur, donateur ou membre actif d’un réseau.

Ces différents rôles ne peuvent pas être abordés uniquement au moment où l’établissement a quelque chose à demander.

Alumni et mécénat : construire l’engagement avant la collecte

C’est particulièrement vrai pour les alumni.

Une relation qui s’interrompt le jour de la remise du diplôme sera difficile à réactiver plusieurs années plus tard avec une demande de don.

L’engagement se construit progressivement : maintenir un lien avec l’établissement, offrir des occasions de rencontre, montrer les évolutions du projet collectif et permettre aux diplômés de contribuer autrement que financièrement.

Le mécénat repose lui aussi sur cette capacité à donner du sens.

Présenter un besoin financier ne suffit pas. Il faut expliquer ce que le projet permettra réellement de réaliser : financer une bourse, développer une recherche, ouvrir un équipement, accompagner des étudiants ou transformer une formation.

Avant de solliciter une contribution, il faut rendre visible son utilité.

Le rôle de la communication est donc de créer du récit, mais aussi de la preuve : résultats obtenus, bénéficiaires, témoignages, impacts et transformations rendues possibles.

Passer des fichiers de contacts à l’animation de communautés

Cette évolution modifie également les outils.

CRM, segmentation des publics, scénarios relationnels, newsletters, réseaux sociaux ou plateformes communautaires permettent de construire des relations plus personnalisées.

Mais un outil ne crée pas à lui seul une communauté.

La question reste éditoriale : qu’avons-nous d’utile à raconter à cette personne ? Pourquoi aurait-elle intérêt à conserver un lien avec l’établissement ? Quelle place souhaitons-nous lui proposer ?

La communication relationnelle ne consiste donc pas à augmenter mécaniquement le nombre de sollicitations.

Elle consiste au contraire à mieux choisir le moment, le contenu et la forme de la relation.

L’IA ouvre une nouvelle transformation

L’intelligence artificielle générative accélère encore cette évolution.

Elle peut déjà aider à rechercher de l’information, produire ou adapter des contenus, analyser des données ou faciliter certaines interactions. Mais, dans l’enseignement supérieur, elle pose surtout une question plus fondamentale : quelle est désormais la valeur spécifique de la formation et de l’accompagnement humain ?

Les étudiants ont adopté rapidement ces outils. Les établissements doivent donc clarifier leurs propres pratiques : quels usages encourager ? Lesquels encadrer ? Comment évaluer les connaissances ? Comment préserver l’esprit critique et la capacité à raisonner ?

Ces choix ne peuvent rester implicites.

Ils participent désormais au positionnement d’un établissement et à la confiance qu’il inspire.

La communication doit permettre d’expliquer une doctrine, de donner des repères aux enseignants et aux étudiants et de montrer comment l’établissement intègre l’IA sans renoncer à ce qui constitue sa mission.

La communication comme infrastructure de la relation

Financements, alumni, mécénat, CRM ou intelligence artificielle peuvent sembler appartenir à des registres très différents.

Ils traduisent pourtant une même évolution : les établissements sont de moins en moins dans une logique de communication descendante et de plus en plus dans une logique de relation.

Ils doivent mieux connaître leurs publics, comprendre leurs attentes, organiser leurs données et leurs contenus, choisir les bons moments de dialogue et rendre leurs décisions compréhensibles.

Cela suppose de faire travailler ensemble des équipes qui restent parfois séparées : communication, numérique, fondations, alumni, relations entreprises, admissions ou formation.

La communication ne constitue alors plus seulement un ensemble de campagnes et de supports.

Elle devient l’un des moyens d’organiser la relation entre l’établissement et toutes celles et ceux qui contribuent, à différents moments, à son projet.