Avec la création d’Epiceum en 2001, notre ambition était de répondre à la demande citoyenne d’une communication plus transparente et plus utile, mais aussi plus participative, plus créative et, in fine, plus professionnelle. Un rapide coup d’œil dans le rétroviseur montre que nous avons été, avec d’autres, acteurs d’une mutation désormais installée.

Depuis, les projets d’intérêt général ont évolué à grande vitesse, sous la contrainte du changement climatique, de l’organisation territoriale, de la concurrence internationale, du déclin démographique ou encore des contraintes budgétaires. Un territoire est un chantier permanent. Un établissement d’enseignement supérieur l’est tout autant. Une entreprise, engagée dans sa propre transition, l’est plus encore. Ces transformations touchent tous les acteurs : les collectivités locales et leurs multiples satellites, les entreprises qui mettent en œuvre les politiques publiques, opérateurs de services, énergéticiens, aménageurs, industriels, ou encore les universités, grandes écoles et leurs laboratoires de recherche, qui préparent les solutions de demain. Depuis notre création, c’est ce terrain que les consultants d’Epiceum labourent inlassablement, devenant ainsi témoins privilégiés autant qu’acteurs engagés de toutes ces transformations.

Nos métiers eux-mêmes se sont transformés ces vingt-cinq dernières années : intégration d’une gouvernance plus horizontale, pression grandissante de l’économie de l’attention, explosion des technologies numériques… Le mouvement s’accélère face aux assauts de l’intelligence artificielle générative1, qui modifie nos façons de travailler et de penser nos missions. 

Qu’avons-nous appris de ce quart de siècle passé au contact de toutes ces transformations ? Qu’elles ont, malgré leur diversité, un point commun : elles échouent rarement pour des raisons techniques. Le chercheur Dominique Wolton l’a résumé dans un titre devenu une référence2 : informer n’est pas communiquer. Transmettre un contenu ne suffit pas, il faut négocier une relation avec l’altérité de ceux à qui l’on s’adresse, s’intéresser à l’autre. C’est ce que confirment, sur un tout autre terrain, les études de conduite du changement3 : un défaut de communication et des parties prenantes insuffisamment associées restent les premières causes d’échec des transformations. Cela se traduit par des oppositions locales, des recours, des retards et des surcoûts, pour les collectivités comme pour les investisseurs privés. 

Notre conviction est faite : la communication d’intérêt général ne se situe pas à côté des transformations, elle n’intervient pas après pour tenter de les expliquer ou de les justifier, elle en constitue l’un des leviers majeurs. Elle est elle-même une matière en ébullition. Il n’est pas question de nous satisfaire de vieilles recettes : nous nous jetons avec détermination dans le grand bain de ces multiples transformations, avec une ambition renouvelée, être à la hauteur des nouveaux enjeux, démontrer plus que jamais que la communication est un investissement d’avenir, contribuer concrètement à la réussite des projets de nos clients. 

Une communication jugée sur ses preuves et son utilité

Pendant longtemps, Epiceum s’est présentée comme « l’anti-com’ » : non pas une posture défensive, mais un appel à des pratiques sincères et citoyennes, une exigence toujours présente au cœur de notre démarche RSE.

Au fil de milliers de missions menées sur l’ensemble du territoire, notre raison d’être s’est précisée. À travers la diversité des acteurs, des territoires et des problématiques accompagnés, un même fil rouge s’est progressivement imposé : Epiceum intervient chaque fois que ses clients ont besoin d’accompagner une transformation. Ce constat n’appelle pas une nouvelle vocation, il met des mots sur ce qui constitue depuis longtemps notre ADN, accompagner nos clients, par la communication, dans leurs transformations, quelles qu’elles soient. Cette conviction s’est nourrie de l’expérience du terrain, de l’écoute permanente de leurs besoins, mais aussi de nos démarches de veille et d’évaluation, à commencer par le Baromètre de la communication locale que nous produisons depuis 2009 et qui nous conduit à interroger en permanence nos pratiques.

Michaël Nathan, qui dirige le Service d’information du gouvernement (SIG), résume bien cette exigence en appelant à « traiter la communication du gouvernement avec les réflexes d’une grande marque »[1] : une communication jugée sur ses preuves et son utilité, non sur sa seule prise de parole. C’est cette même exigence qui nous pousse à nous adapter en permanence, à créer de la valeur pour nos clients, à contribuer à l’efficacité des projets et des politiques publiques, à nous différencier, à repenser nos métiers, à être là où le marché a aujourd’hui besoin de nous, y compris auprès des acteurs de l’ESR et des opérateurs privés qui, comme les collectivités, œuvrent à la transformation des territoires.

Trois leviers pour réussir une transformation

Expliquer pour donner du sens

Une transformation mal comprise est vécue comme subie. Expliquer, c’est donner à voir la cohérence d’une transformation, pas seulement l’annoncer. C’est cette logique qui a guidé, dès 2011, la conception pour Rennes Métropole d’un dispositif de communication pensé pour tenir sur le temps long de la transformation urbaine : nouvelle ligne de métro, écoquartiers, équipements métropolitains, zones d’activité, espaces naturels, aménagements de voirie. Autant de projets portés par des acteurs nombreux et disparates, qu’il fallait fédérer via un dispositif de communication cohérent autour de messages clairs, identifiés par les habitants comme par les entreprises du territoire, pour rendre l’action plus efficace et favoriser l’adhésion. Pari tenu. 15 ans plus tard, le dispositif se poursuit encore et les habitants ont compris le message.

Associer pour embarquer

Une transformation imposée s’enraye, une transformation discutée s’installe. Le politiste Pierre Rosanvallon a montré qu’à la légitimité électorale s’ajoute désormais une légitimité de proximité[1] : la construction d’un lien de confiance direct avec chaque citoyen, plutôt qu’avec l’électeur abstrait.

Le dernier Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF le confirme à sa manière[2] : quand la confiance dans les institutions nationales s’effondre, la proximité locale fait figure de refuge. Notre propre Baromètre l’illustre à l’échelle de la participation citoyenne : 86 % des Français la jugent « une bonne chose », mais sa notoriété a chuté de 63 % à 43 % en quatre ans[3], preuve qu’un bon dispositif mal communiqué perd sa force. C’est le métier de La Suite dans les idées, le cabinet de concertation qu’Epiceum a intégré en 2021, qui fait dialoguer habitants, élus, riverains et porteurs de projet, publics ou privés.

Ces méthodes fonctionnent. À titre d’exemple, elles ont permis de recueillir plus de dix mille contributions pour repenser les mobilités de la Région Réunion, ou de co-construire avec les habitants d’Ille-et-Vilaine des projets de désenclavement routier ou d’aménagement de pistes cyclables.

Accompagner dans la durée

Une transformation réussie n’est jamais le fruit d’une seule mission. « Il faut valoriser ces bons résultats, qui montrent que la communication des collectivités fait œuvre utile au service de l’action locale. D’où l’importance de maintenir les moyens nécessaires à cette fonction vitale », résume Yves Charmont, délégué général de Cap’Com, le réseau des communicants publics[1]. C’est cette conviction qu’Epiceum met en pratique sur la durée.

Depuis le second semestre 2025, l’agence accompagne la Région Bourgogne-Franche-Comté dans un moment de transition à la suite d’un changement de président et de direction générale. Cela nous amène à conduire de front plusieurs chantiers : mise au point d’une nouvelle stratégie de communication, réorganisation de la direction de la communication, création d’un dispositif de marque média, AMO pour la refonte du site internet, repositionnement de la marque mobilité Mobigo, conception de campagnes citoyennes. Nous y déployons des méthodes d’intelligence collective qui sont à la fois le moyen d’enrichir nos démarches et la façon de susciter l’adhésion au changement : les pratiques de communication se transforment pour contribuer à la réussite des transformations de la collectivité.

Au Campus Condorcet, c’est en intervenant sur une période longue, de 2018 à 2025, qu’Epiceum a accompagné cet établissement dédié aux sciences humaines et sociales sur l’ensemble de ses transformations, de la plateforme de marque initiale à la signalétique du site, de la communication de chantier à ses événements fédérateurs, en passant par la communication institutionnelle et l’interne : sept années d’interventions continues qui ont permis de faire vivre une même ambition à travers des dizaines de dispositifs différents. C’est cela, être l’agence des transformations : se tenir aux côtés d’une organisation, au-delà d’un seul mandat ou d’un seul projet, jusqu’à ce que le changement s’installe vraiment dans le quotidien des gens.

Une nouvelle signature, une promesse élargie

Ce cheminement nous conduit aujourd’hui à un geste symbolique, mais qui compte : nous changeons la signature accolée au nom d’Epiceum. Depuis plus de dix ans, elle proclamait « l’anti-com’ », une formule à laquelle nous restons fidèles dans l’esprit : le refus des dérives de la « com’ », l’exigence d’une communication sincère et citoyenne. Nous lui substituons désormais « l’agence des transformations ». Ce n’est pas un slogan qui en chasse un autre : c’est la mise en lumière de ce qui est apparu, mission après mission, depuis vingt-cinq ans, comme l’enjeu central de nos interventions.

Pour autant, ne nous méprenons pas : la réussite d’une transformation ne se décrète pas depuis un cabinet de conseil, elle se construit avec ceux qui la vivent. C’est l’engagement que prend toute l’équipe d’Epiceum à chaque mission, en combinant conseil stratégique, pilotage, conception de dispositifs 360°, intelligence territoriale et ingénierie de la concertation (avec notre filiale La Suite dans les idées). Cette combinaison sécurise l’investissement, consolide les projets et construit les conditions de leur appropriation, qu’il s’agisse d’une politique publique ou d’un projet porté par un acteur privé.

C’est le pari que nous faisons chaque jour, avec enthousiasme et détermination : une communication pensée dès le premier jour et portée dans la durée transforme une contrainte en adhésion, un projet en réussite collective.

[1]Baromètre Epiceum-Harris Interactive de la communication locale, 8e édition, novembre 2024 : 55 % des 25-34 ans utilisent l’intelligence artificielle générative pour s’informer sur la vie locale, contre 29 % en moyenne.

[2]Dominique Wolton, Informer n’est pas communiquer, Paris, CNRS Éditions, coll. Débats, 2009. [1]Études de conduite du changement, notamment McKinsey, IBM et Forbes/Towers Watson.

[3]Études de conduite du changement, notamment McKinsey, IBM et Forbes/Towers Watson.

[4]Michaël Nathan, entretien à Maddyness, août 2022.

[5]Pierre Rosanvallon, La légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Paris, Seuil, 2008.

[6]Baromètre de la confiance politique, CEVIPOF – Sciences Po, vague 17, février 2026.

[7]Baromètre Epiceum-Harris Interactive de la communication locale, 8e édition, novembre 2024 : 43 % des Français déclarent avoir entendu parler des dispositifs de participation citoyenne en 2024, contre 63 % en 2020.

[8]Yves Charmont, délégué général de Cap’Com, cité dans le Baromètre Epiceum-Harris Interactive de la communication locale, 8e édition, novembre 2024. NDLR : il évoque ici les impacts de la communication publique territoriale mesurés par ce même Baromètre.

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